AU-REVOIR, ALAIN – RENDEZ-VOUS AU JARDIN BOTANIQUE !

AU-REVOIR, ALAIN – RENDEZ-VOUS AU JARDIN BOTANIQUE !

AU-REVOIR, ALAIN – RENDEZ-VOUS AU JARDIN BOTANIQUE !

 

Romancier, essayiste, biographe et professeur,  Alain Bertrand nous a quittés ce 17 février à Bastogne, à 55 ans. En pleine force de l’âge. Consternation, incompréhension.

Je voudrais simplement lui rendre un hommage d’amitié et de déférence.

En février 2012, nous pouvons lire sur son Facebook : Quand je serai grand, je ferai un métier qui n’a rien à voir avec la littérature : par exemple, professeur de littérature. Il aimait les aphorismes, il en écrivait un chaque jour.

Il aimait la langue française, ses mots étaient justes, pas de fioritures stylistiques, des mots vrais et forts ancrés dans les traditions d’ici et d’ailleurs.

Il aimait tellement la langue française qu’il était contagieux pour ses élèves de l’Institut Communal et technique de Bastogne.  Il les respectait et ses élèves le lui rendaient bien.

Quand je l’interpellais pour connaître ses difficultés à enseigner le français à des élèves de qualification. Il répondait avec tendresse : Jamais je ne changerais ni d’école ni d’élèves. Ils sont vrais. L’amour et la justesse de la langue, c’est à moi de les convaincre.

Dans son dernier livre, publié par Le Castor Astral, éditeur, paru en octobre 2013, il évoque son identité : Est-il wallon ? Est-il flamand ? Son psy est formel : son inconscient rejette la Wallonie, malgré ses efforts pour coller à l’image du « Wallon exemplaire » ? Pourtant, ce n’est pas faute de l’aimer, cette terre wallonne qu’enivrent les chemins de traverse. De l’aimer autant que les bars ventrus de Gand et leurs promesses de soirées noyées de bière ; autant que les musées de Bruxelles où, adolescent, il errait, flanqué de sa bande de copains, rêvant de filles et de chimères.

Jardin botanique se lit à la manière d’un tableau en clignant des yeux pour mieux saisir, à travers les mots, l’âme de la toile.

Pour retrouver Alain Bertrand, nous avons rendez-vous au Jardin botanique pour y rejouer des scènes exaltant la Belgique qu’il définit comme ce confetti déchiré en deux par une ligne ondulée appelée frontière linguistique.

Pour perpétuer nos rencontres, il nous as conservé ses livres uniques et multiples. Parmi eux, notamment :

Alain BERTRAND, Jardin botanique, Le Castor Astral, 2013.

Alain Bertrand, Le lait de la terre,  Collection Plume de coq, Weyrich édition, 2012

Merci pour tout ce que tu étais et seras.

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