BESOIN DE REPÈRES

L’ensemble de notre société s’emballe. C’est la course à l’échalote. Nous, les adultes, nous courons. Pas ou peu de temps pour nous. Pas ou peu de temps pour nos enfants qui grandissent seuls, trop souvent devant un écran en dévorant un monde virtuel dont ils deviennent les héros. Le retour à la vie réelle est souvent rempli d’embûches et de conflits. Mais ce n’est pas inéluctable.

1. DES LIMITES CLAIRES

« Avec les adolescents, il faut faire appel à l’intelligence, non à l’obéissance : définir le cadre d’abord, puis négocier, sachant que certains points sont négociables, d’autres non », insiste Maryse Vaillant, psychologue clinicienne. Pour grandir pleinement avec sérénité, les ados ont besoin de REPERES. Même s’ils pestent face à des insuffisances de liberté. En fin de compte, ils comprendront que c’est une preuve d’amour. Ces privations leur sont indispensables pour leur permettre de s’affirmer dans la transgression des règles qui leur permettront de se construire.

2. S’APPUYER SUR LES GRANDS PRINCIPES

« De nombreux parents se désinvestissent de leur rôle éducatif », regrette Patrick Delaroche, pédopsychiatre et psychanalyste (in « Doit-on céder aux adolescents ? », Albin Michel, 1999). Et leurs enfants le vivent comme un abandon. C’est qu’ils ne m’aiment pas …
« Pour que nos enfants deviennent des adultes responsables et autonomes, estime Odile Lemant, psychologue clinicienne, il est des principes sur lesquels on ne peut pas céder : la politesse ou les repas pris en famille. Et nous-mêmes devons les respecter pour qu’ils en fassent autant. »
3. DES SANCTIONS INTELLIGENTES

Les limites sont négociables : heures de sortie, vacances… « Les adolescents, même s’ils râlent, sont prêts à entendre nos exigences, précise Odile Lemant, pourvu qu’elles aient un sens. En retour, il faut se montrer ouvert à leurs arguments. »

L’arrivée d’un bulletin est souvent sujet à sanctions qui porteront sur les détentes et loisirs. Ce n’est pourtant pas une solution productive. D’abord leur demander pourquoi les résultats sont insuffisants. L’argument Tu n’as pas travaillé ou pas suffisamment est souvent trop court. L’échange permettra de mieux comprendre les causes réelles.
Des familles qui avaient opté pour la suppression des modes de détente et de loisir préférés de leurs enfants me confient qu’ils n’ont pas récolté de progrès dans les résultats. Dialoguer, valoriser le moindre progrès est souvent plus efficace.

Comment réagir si, par exemple, il est rentré d’une sortie à 2 heures du matin alors qu’il avait la permission de minuit ? Tout dépend de son âge et de sa raison. Et s’il boit régulièrement plus que de raison ? Parler, dialoguer pour comprendre pourquoi. Ensuite intervenir.

Il faut toujours punir en proportion des faits. S’il est encore jeune, par exemple, il sera privé de sortie le weekend suivant. S’il ment lui demander d’expliquer pourquoi ? Et l’inviter à oser parler pour trouver une solution.
Le plus difficile n’est peut-être pas de trouver la bonne distance entre souplesse et fermeté, mais de voir passer les années : « Les parents doivent un jour renoncer à l’image idéale de l’enfant sage et obéissant, affirme Catherine Saladin-Grizivatz, psychanalyste (in L’Autorité, Bayard, 2003). Ils doivent accepter que leur enfant suive un autre chemin que celui qu’ils avaient imaginé. C’est cela, lâcher prise. »

Une bouffée de sagesse de Jacques Salomé avant de vous laisser : Communiquer suppose aussi des silences, non pour se taire, mais pour laisser un espace à la rencontre des mots.

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