HAUT POTENTIEL (1)

HAUT POTENTIEL (1)

 

 

Les informations qui ont servi à l’utilisation ce cet article sont issues d’une recherche-action inter universitaire commanditée par le Ministère de la Communauté française de Belgique et opérée par l’université Libre de Bruxelles, l’université de Liège, l’université catholique de Louvain-la-Neuve, l’université de Mons-Hainaut, les facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur.

J’ai rédigé cet article afin de transmettre aux familles une meilleure connaissance des jeunes à haut potentiel. Ce qu’il faut préciser dès le départ c’est que  bon nombre de ces jeunes s’épanouissent et vivent tout à fait heureux. Il est néanmoins vrai que certains de ces enfants éprouvent de réelles difficultés, d’intensité et de nature variables selon le cas dans le cours de leur développement et de leur cursus scolaire.

A ce titre, l’accompagnement de ces jeunes ne répond ni à un projet élitiste ni à une mode mais s’inscrit dans une volonté d’aider toute personne en difficulté.

De multiples domaines à considérer…

Leurs caractéristiques particulières ne se limitent pas à la sphère strictement intellectuelle, divers domaines sont à considérer : affectif, relationnel, social, biologique,… Ces enfants ne sont pas des enfants prodiges  ils montrent une grande diversité interindividuelle. Ces traits peuvent être observés chez beaucoup d’autres enfants, mais c’est leur conjonction et leur organisation qui créent la situation particulière des jeunes à haut potentiel.

Les origines du haut potentiel

De multiples débats concernent la question. Pour certains, les potentialités élevées seraient génétiques, d’autres soutiennent  qu’elles sont générées par l’environnement. L’étude conclue : Chacun de nous possède une part qui lui est transmise à la naissance. C’est également le cas des enfants à haut potentiel, mais ce potentiel, s’il n’est pas exploité, n’a pas de valeur en soi. Il est probable que ces enfants ont à la naissance d’importantes capacités exploitables, mais les conditions de leur développement jouent un rôle tout aussi important.

L’intelligence multiple

Gardner a identifié 8 types d’intelligences. Cela modifie le regard et les attitudes  concernant les jeunes à haut potentiel. Ces derniers sont alors considérés dans leur globalité, plutôt que comme inadaptés. En effet, selon l’approche de Gardner et celle de Sternberg, l’intelligence est plurielle, c’est-à-dire que l’activité cognitive et sociale revêt de nombreuses facettes. Il s’agit d’une vision multidimensionnelle de l’intelligence. La compétence cognitive humaine peut ainsi être décrite comme un éventail de capacités, d’aptitudes et d’habiletés mentales que Gardner appelle « intelligences ». Ce qui, pour l’entourage éducatif au sens large, est une vision plus ouverte permettant de se centrer sur les forces, les faiblesses et les besoins particuliers de chaque enfant ou adolescent.

12 symptômes pour déceler le haut potentiel des enfants et adolescents

  1. Ils sont très vifs dès la naissance, ils sont réactifs à l’environnement.
  2. Ils recherchent les interactions avec l’adulte.
  3. Ils présentent un bouillonnement intérieur qui permet de les différencier d’enfants doués qui sont hyper stimulés.
  4. Ils atteignent avant les autres enfants du même âge un niveau d’abstraction élevé (pensée conceptuelle, catégorielle).
  5. Ils présentent rarement des troubles moteurs mais s’investissent très peu dans des activités comme le découpage, le picotage, l’écriture, le graphisme, … ce qui peut, à tort, conduire à les identifier comme des enfants présentant des difficultés d’ordre psychomoteur. Leurs médiocres performances éventuelles résultent plus d’un manque de motivation pour certaines activités que de réels problèmes.
  6. Ils présentent un décalage repérable entre l’âge chronologique, la maturité psychoaffective, la maturation biologique et le niveau intellectuel. Ce syndrome de dyssynchronie interne pose, d’entrée de jeu pour l’enfant, le problème de la complexité de la gestion de ces différents niveaux qui cohabitent en lui. C’est ainsi que des difficultés d’intégration peuvent parfois être constatées très tôt dans la scolarité.
  7. Ces enfants montrent des motivations et des centres d’intérêts qualitativement différents de ceux des enfants du même âge. En effet, leur soif d’apprendre se manifeste très tôt et pour des matières comme les sciences, la philosophie, la métaphysique, les mathématiques, … Ils se posent des défis à eux-mêmes et vont à la rencontre du savoir.
  8. Une apparition et une maîtrise précoces du langage : construction de phrases complexes et précises, vocabulaire étendu, …Créativité sur le plan du langage : jeux de mots, maniement de l’humour.
  9. Ces enfants sont hypersensibles et peuvent, très tôt, faire preuve d’une conscience de soi et d’une compréhension particulièrement aiguë de la réalité du monde : ils décodent rapidement les situations, sont vite touchés sur le plan émotionnel et éprouvent le besoin d’être sécurisés. Cette hypersensibilité, conjuguée à des capacités intellectuelles très élevées, les pousse à expérimenter, à explorer leur environnement avec beaucoup de passion, tolérant mal la frustration et l’échec.
  10. Ils sont volontiers perfectionnistes, exigeant avec eux-mêmes. Ils sont entiers dans leur manière de ressentir les événements et les situations.
  11. Dans un contexte contraignant, restrictif ou conflictuel, ils adoptent rarement une attitude de compromis.
  12. Le questionnement soutenu qui les anime les place souvent dans des situations anxiogènes, fragilisantes sur le plan affectif. Leur mal-être bien réel se traduit, entre autres, par des peurs nocturnes, une anxiété diffuse, un sentiment d’insécurité non maîtrisé par le raisonnement, une forme d’instabilité de l’humeur, des rêveries diurnes, de l’opposition, du négativisme, du pessimisme, … Dès l’enfance, un sentiment de solitude les habite très fréquemment.

Dans notre prochain article, nous aborderons des cas particuliers et des pistes pour les résoudre.