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ALTERNATIVES AU PARCOURS SCOLAIRE DES HAUTS POTENTIELS – Partie 3

Selon l’article mentionné et cité dans les deux articles précédents, concernant les élèves à Haut Potentiel[1], des solutions sont possibles.

Les solutions possibles …

  • Une première possibilité d’accélération consiste à débuter l’enseignement primaire avant l’âge légal d’obligation scolaire. La période d’obligation scolaire s’étend sur douze années, commençant avec l’annéescolaire qui prend cours dans l’année pendant laquelle l’enfant atteint l’âge de 6 ans. Toutefois, l’élève peut,après avoir obtenu l’avis de l’école et du C.P.M.S. associé, fréquenter la première année de l’enseignementprimaire dès l’âge de 5 ans.
  • Une autre possibilité d’accélération réside dans le saut de classe. Cette solution a pour objectif de mieux respecter le développement intellectuel de l’enfant à haut potentiel et d’éviter ainsi l’ennui en classe, facteur d’échec le plus déterminant. L’enfant devrait alors être confronté à des tâches qui correspondent mieux à ses potentialités. Le saut de classe est légalement possible au niveau de l’enseignement primaire et peut même se répéter plusieurs fois. Il n’est actuellement pas permis dans l’enseignement secondaire.  
  • Des mesures d’assouplissement de la réglementation sont envisagées pour les cas où aucune contre-indication liée à l’épanouissement du jeune ne serait avancée ; elles seraient évidemment soumises aux procédures de décision en vigueur en Communauté française. Le saut de classe n’est évidemment pas une solution adéquate pour tous les jeunes à haut potentiel. En effet, cette mesure peut présenter plusieurs inconvénients. Dans un premier temps, notons qu’elle ne répond qu’au besoin d’accélération du rythme scolaire. Comme déjà souligné plus haut, les enfants à haut potentiel apprennent non seulement plus tôt et plus vite que les autres enfants, mais ils apprennent surtout différemment.
  • De plus, l’accélération du rythme des apprentissages n’est pas toujours une mesure adéquate puisque l’enfant n’est pas nécessairement en avance dans tous les domaines. En effet, de très grandes capacités dans un domaine peuvent coexister chez un individu avec des capacités ordinaires, voire médiocres, dans d’autres.
  • Par ailleurs, un saut de classe risque de conduire l’enfant à ne pas maîtriser suffisamment ou au bon moment l’ensemble des matières de l’année « sautée ». Les classes à double niveau offrent ici un intérêt particulier. En effet, l’élève plus rapide peut assimiler en un an le programme de deux années.
  • Finalement, une telle mesure contraint l’enfant à s’adapter à un groupe d’élèves plus âgés. Il doit alors faire preuve d’une maturité suffisante pour faire face aux nouvelles exigences intellectuelles et sociales. Il peut y avoir un grand écart au niveau du développement physique, affectif et émotionnel entre l’élève avancé et les autres élèves de sa classe. Malgré ces différences, il est toutefois possible que l’intégration se passe bien et que le jeune fasse preuve d’une excellente adaptation à son nouvel environnement social. On peut donc imaginer deux conditions de facilitation. D’une part, plusieurs enfants peuvent parfois effectuer en même temps leur démarche accélératrice et se retrouver ensemble dans une classe d’élèves plus âgés ; ils partageront ainsi certains intérêts plus apparentés et ceci pourra faciliter leur adaptation. D’autre part, comme ce type de décision se prend rarement dans un contexte d’urgence, il serait peut-être avantageux de profiter du passage de l’enfant au cycle d’enseignement suivant, surtout lorsque celui-ci implique un changement d’école et la constitution d’un nouveau groupe d’amis ; l’impact socioaffectif de l’accélération pourrait alors s’en trouver atténué.

Que peut-on faire pour faciliter la réussite de telles mesures ?

Il faut savoir que certains professionnels de l’éducation (enseignants, directeurs, responsables des C.P.M.S.) se montrent assez réfractaires aux mesures accélératrices. Ainsi, la sensibilisation du corps professoral à la problématique des jeunes à haut potentiel et à la création d’un climat propice à leur intégration dans les classes ordinaires parmi les enfants plus âgés est importante. En effet, l’appui de l’enseignant peut contribuer de façon significative à l’adaptation de l’enfant et au succès de la mesure entreprise.

Le professeur devrait être mieux armé pour répondre aux questions occasionnelles du jeune et de ses parents, tout en se montrant attentif aux différentes lacunes d’apprentissage (cf. certaines matières non vues) dont peut souffrir le jeune ayant « sauté » une classe. Le jeune à haut potentiel sentira ainsi que le milieu scolaire encourage et soutient sa curiosité intellectuelle. Se sentir accepté et compris dans sa différence est sans doute l’un des éléments les plus déterminants d’une adaptation réussie.

Parmi les jeunes identifiés « Haut Potentiels »

Le fait d’avancer d’un an les élèves à l’école primaire n’est pas  sans risque. Le témoignage d’un adolescent qui a vécu cette situation et que nous avons accompagné en témoigne.

F.F.,  a exprimé que ce n’était pas une bonne idée de l’avoir  avancé dans ses études. Sa sœur ainée a également était avancée. Il en a discuté avec elle.  Elle lui a dit qu’elle avait trainé  jusqu’aux études supérieures, pour voir sa vie de manière positive.

 F.F. a perdu pied progressivement.  Et en quatrième,  il a vécu un burnout, il est resté chez lui sous certificat médical, pendant 6 mois.

Il avait perdu toute confiance en lui. C’est à ce moment-là que ses parents ont demandé à REPERES asbl de l’encadrer.  Nous avons réalisé un programme portant sur « L’ESTIME DE MOI ».  Progressivement, il a reconstruit ses repères.

Il a changé d’école, a été réintégré à la quatrième. Et il a décidé de doubler. Trop de bases restaient floues, approximatives.

Aujourd’hui, il a pu nouer des amitiés avec les autres élèves. Nous avons continué à nous voir au premier trimestre de l’année scolaire nouvelle. Maintenant, il est serein, il organise ses cours et son temps. Il va vers sa réussite.

Existe-t-il des écoles spéciales ?

En Belgique francophone, il n’existe aujourd’hui aucune école spéciale pour enfants à haut potentiel. La création de telles structures n’est d’ailleurs pas envisagée à l’heure actuelle.

Des expériences de ce type sont réalisées dans d’autres pays. En France, c’est notamment le cas du Lycée Michelet (à Nice) qui a créé en 1987 une classe pilote pour enfants précoces. Les enfants peuvent y être acceptés dès 5 ans, voire plus tôt encore. L’objectif de l’école est de permettre aux jeunes une meilleure expression de leurs possibilités intellectuelles et, en

conséquence, une réussite scolaire et un épanouissement personnel plus satisfaisants. L’école souhaite aider ces enfants dans le respect de leur personnalité et de leur diversité d’aptitudes. L’option prise est l’enrichissement du cursus au travers d’activités très intenses. Le regroupement de jeunes ayant tous un potentiel élevé n’exclut pas l’émulation entre eux.

De nombreuses initiatives d’écoles ou de classes réservées aux jeunes à haut potentiel sont également apparues dans les pays anglo-saxons, en Suisse, … Elles sont souvent privées et coûteuses.

Le regroupement des enfants à haut potentiel en classes spéciales a ses partisans et ses détracteurs.

Nous pensons que ces initiatives sont louables parce qu’elles visent un épanouissement complet des jeunes. Toutefois, le danger est de marginaliser ces jeunes qui, par la suite,  risquent de ne pouvoir s’intégrer harmonieusement dans la société multiculturelle qui est la nôtre.

Une scolarité à domicile est-elle possible ?

L’obligation scolaire ne signifie pas que l’élève est tenu de fréquenter l’école. Une scolarité à domicile est en effet possible, par exemple grâce aux possibilités offertes par l’enseignement à distance (E.A.D).

Cet enseignement est organisé en Belgique et régi par un arrêté du Gouvernement.

  • L’inscription est libre à n’importe quel moment de l’année. Un conseiller d’orientation de l’EAD examine toute demande d’inscription relative à la préparation d’un jury afin de veiller à l’adéquation entre le niveau initial du candidat et le programme de formation demandé. Il propose des itinéraires de formation en tenant compte, d’une part, du profil scolaire de l’apprenant au moment de l’inscription et, d’autre part, des objectifs de formation de celui-ci.
  • L’enfant bénéficie donc d’un programme personnalisé en fonction de ses objectifs, de son acquis scolaire, de sa maturité personnelle et du temps dont il dispose. Chacun peut ainsi travailler à son rythme. Chaque unité de matière s’accompagne d’un travail à renvoyer, corrigé par un professeur qui suit l’évolution de l’enfant tout au long de son apprentissage.

Précisons immédiatement que même si une scolarité à la maison est possible en Belgique, elle n’est toutefois pas une solution idéale.

En effet, les enfants ainsi scolarisés risquent fort de grandir dans l’isolement, sans avoir l’occasion de se confronter quotidiennement à leurs pairs en situation d’apprentissage. Ils pourront développer une solide armure intellectuelle, mais il leur manquera l’aspect social qui est un constituant important de la personnalité et de l’intégration socioprofessionnelle future.

De plus, ce type de scolarité demande une grande disponibilité (et de grandes compétences) de la part des parents. Par ailleurs, les enfants deviennent en grande partie responsables de la gestion de leur temps de travail et ceci engendre un risque de voir apparaître une négligence des matières qu’ils apprécient moins. Une scolarité suivie entièrement à la maison peut donc engendrer de nombreuses difficultés et rendre plus difficile l’intégration sociale ; elle doit donc rester une solution passagère en cas de crise grave. Comme F.F. qui a été déscolarisé 6 mois.

Légalement, une mesure impose l’âge minimum de 17 ans (âge qui peut être atteint dans le courant de la session) pour passer par le jury central en vue de l’obtention du diplôme de fin d’enseignement secondaire (C.E.S.S.).

Etant donné l’âge imposé, l’enseignement à domicile ne permet donc pas de gagner beaucoup de temps pour accéder à l’enseignement supérieur. Notons toutefois que des mesures d’assouplissement concernant cet âge légal pourraient être envisagées prochainement. Précisons encore que cette formule peut être utilisée parallèlement à une scolarité « normale », sous forme de modules, permettant ainsi un approfondissement dans l’une ou l’autre matière particulièrement prisée par l’enfant. C’est ce que nous conseillons aux familles, par exemple, d’inscrire l’élève comme élève libre. Il gardera ainsi le rythme scolaire.


[1] Recherche-action inter universitaire – Université Libre de Bruxelles – Université de Liège -Université Catholique de Louvain – Université Mons-Hainaut – Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur

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