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LES ATOUTS DES JEUX VIRTUELS DANS NOTRE VIE REELLE

Le postulat de Jane Mc Gonigal, conceptrice de jeux vidéo,  est intéressant : nous sommes meilleurs dans le monde virtuel que dans le monde réel, parce que nous devons réagir dans l’instant, que le réseau d’appui selon notre rôle dans le jeu est d’office mobilisé : les jeux en ligne pourraient rendre le monde meilleur !

J’ai, en effet,  pu observer, régulièrement, dans mon accompagnement d’adolescents, leur engouement pour ces jeux en ligne et pour les mondes virtuels. En discutant avec eux, j’ai pu comprendre leur enthousiasme, constater leur combattivité à se dépasser pour triompher d’un obstacle. Ils m’ont parlé de valeurs d’entraide, de solidarité, de leur souci d’atteindre le but et de progresser.

Des valeurs qui dans notre monde réel se sont bien affadies dans la routine du repli sur soi comme s’ils étaient déçus, découragés par leurs échecs et qu’ils n’osaient pas demander de l’aide. Ils sont fatalistes dans leur jugement de la vie quotidienne. C’est comme ça. Je suis nul(le), je n’y arriverai pas. Donc, je ne change rien !

Leur havre de paix, ils le construisent donc dans un monde virtuel. Là, tout leur devient  possible. Ils s’accrochent, vont au but.  Pourquoi est-ce comme ça ?  Parce que la mission est clairement donnée dans les jeux on-line, et la quête à mener est adaptée à leur niveau, ils savent aussi qu’ils peuvent compter sur les autres participants du jeu. Ce n’est pas toujours vrai dans le monde réel de l’école.

Que puis-je faire pour rapprocher leur monde virtuel du monde réel ?

Prendre au sérieux leur univers. Si je passe entre 20 et 30 heures par semaine à travailler avec détermination et concentration sur un jeu,  j’en deviendrai expert, je développerai des stratégies de jeu et je monterai de niveau.

Si je passe le même temps dans la vie réelle à travailler sur des matières, des questions qui m’intéressent et me passionnent, il est certain que je progresserai dans la réussite de ma vie réelle quotidienne, j’y développerai mon expertise !

A l’école, ce serait bien, si,  pour chaque matière nouvelle abordée, le professeur expliquait l’intérêt de cette nouvelle matière autrement que par une pirouette du genre : C’est dans le programme !

C’est le point de départ d’une saine motivation ou de son contraire. Reste à les aider à doser le temps. Pour ma part, quatre critères me guident :

1. La passion du temps gagné

J’ai un agenda-planning qui me permet en un coup d’œil de consulter mon programme de la semaine. Je réalise ce planning une fois par semaine le dimanche soir et je programme la semaine suivante. Ainsi, je contrôle mon temps, je ne cours plus pour le rattraper.

  • Il y a dans mon temps concret tout ce que je veux faire ou que je ce que dois faire pour l’école, je prépare cette phase avec le journal de classe.
  • Le temps concret c’est aussi les services que je rends à la famille spontanément ou ceux qui constituent ma mission pour la famille.
  • Le temps des loisirs constitue le troisième volet de ce temps concret. Je place les rendez-vous avec mes loisirs associatifs culturels ou sportifs, mes rendez-vous avec mon jeu on-line favori, les rencontres avec des copains de mon réseau.

Il y a aussi l’agenda du Smartphone qui est intéressant, parce qu’il sonne dès qu’un rendez-vous est planifié, mais qui permet difficilement d’avoir une vision globale de mon temps hebdomadaire.

2. L’action immédiate

Cette attitude m’aide à surmonter les obstacles rencontrés dans la vie réelle. Quand je joue, je règle les obstacles au moment où je les rencontre, j’établis des stratégies pour les lever, je concerne mon réseau, mes alliés. Je suis rassuré et plus efficace. J’agis toute suite.

Si je suis capable de le faire dans l’univers des jeux, je suis capable de le faire pour surmonter les obstacles dans ma vie réelle. Je confirme cette hypothèse.

3. La culture de mes réseaux personnels : oser demander

Il y a les réseaux sociaux, bien sûr. C’est facile d’accès, il suffit de se connecter. Mais le plus efficace des réseaux n’est pas virtuel. Ce sont mes amis, mes copains, ma familles, mes voisins. Souvent,  je n’ose pas leur demander un service.

Sur Facebook, Google+, Twitter, c’est plus facile. Je peux sans doute initier ma demande par les réseaux sociaux, mais l’essentiel de ma demande ne pourra se régler que dans ma vie réelle, en dehors de la toile. Il faut OSER DEMANDER !

Pour jouer avec quelqu’un, il faut avoir une grande confiance en lui et en soi, même s’il m’a sévèrement battu. Plus je passe de temps avec une personne, plus cette confiance mutuelle va se renforcer parce que nous jouons selon les mêmes règles en poursuivant les mêmes objectifs. Dans la vie réelle, c’est plus rarement le cas. Mais je peux avec mon réseau prétendre y arriver.

4. Jusqu’au bout, jusqu’au but

Dans l’univers des jeux, nous allons jusqu’au bout du jeu ou de la quête parce que nous recevons du soutien de la part des autres joueurs. Jouer ensemble crée des liens, de la confiance et de la collaboration. Une meilleure productivité en jaillit.

Dans la vie réelle, la perception que j’ai surtout est ma solitude, l’impression d’être livré(e) à moi-même. Survient un découragement profond qui me pousse à abandonner, certain(e) que je n’y arriverai jamais.

Le rôle des adultes dans tout ça

Rassurer les adolescents : ce n’est pas parce que j’ai raté plusieurs fois dans une matière que je suis nul(le). Nos enfants et nos adolescents ont besoin d’être aidés pour  mettre des mots sur la cause de leur échec répété. Il faut incessamment retrouver les chemins du dialogue.

Dans mon prochain article, je reviendrai sur les causes des échecs scolaires.

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